Le crédit est une forme d’esclavage volontaire

Mais où est passé notre gros bon sens? Pourquoi est-il rendu si naturel de faire appel au crédit? Une bonne partie de la réponse provient du marketing qui s’est grandement raffiné depuis ses premiers balbutiements. Les marketeurs s’ingénient à développer des stratégies pour faire tomber nos barrières psychologiques à l’achat; le crédit occupe une place de choix dans leur arsenal.

Si le sujet vous intéresse, je vous invite à lire l’élément déclencheur de ce billet, soit le livre « On veut votre bien et on l’aura » de Jacques Nantel et Ariane Krol. Ses auteurs y peignent le portrait de l’évolution du marketing depuis ses débuts et offrent quelques pistes pour expliquer l’impasse économique actuelle.

Revenons à nos moutons : le crédit est une forme d’esclavage volontaire.

D’innombrables personnes croulent sous les dettes, et même récemment, de plus en plus de pays commencent à les imiter. Peu de personnes réalisent l’impact du crédit dans leur vie. Par exemple, une hypothèque augmentera notre propension à accepter des conditions de travail plus contraignantes tout en augmenta l’effort psychologique nécessaire au changement d’emploi. Il est hors de question de se retrouver sans emploi et sans chômage lorsqu’on a une hypothèque à payer et des enfants à nourrir. Plusieurs employeurs le savent. Et vous?

Le crédit, contracté en grande majorité du temps de manière plus que volontaire, nous force à occuper la majorité de notre temps à des emplois que nous n’aimons pas nécessairement, ou qui nuisent à d’autres sphères de notre vie comme la famille ou les loisirs. Le crédit cause un stress indu qui pousse d’innombrables personnes à travailler « juste un peu plus » pour enfin payer cette dette – trop souvent aussitôt remplacée par un autre rêve à crédit. 

Mon souhait est simple. J’aimerais que le crédit devienne l’exception et non la règle. J’aimerais rappeler les biens faits d’économiser et de consommer de manière responsable. Imaginez un instant que vous n’avez plus aucune dette. Qu’est-ce qui vous empêcherait de changer de travail demain matin? Ou encore, d’économiser un peu, d’arrêter de travailler pour voyager quelque temps, et de retravailler à votre guise par la suite – parce que ça vous tente, et non parce que vous y êtes contraints.

Économiser avant d’acheter permet également prendre le temps de sonder nos besoins avant d’acheter. Le crédit facilite au plus haut point les achats compulsifs et regrettables après coup. Celui qui économisera d’abord sera plus enclin à peser la nécessité de son achat et ainsi éviter de surconsommer.

Matière à réflexion

Aurait-il un lien entre le niveau d’endettement d’une personne et son indice de bonheur personnel?

Est-ce possible de vivre sans avoir recours au crédit?