10 conseils pour passer d’employé à entrepreneur

En 2011, après avoir travaillé 7 ans en entreprise, sans aucune expérience entrepreneuriale préalable, j’ai décidé de passer d’employé à travailleur autonome. Pourquoi? Parce que j’aurais regretté éternellement de ne pas avoir essayé. Aujourd’hui, toujours pas l’ombre d’un regret. C’est probablement l’une des meilleures choses que j’aie pu faire à vie. 

Quatre ans plus tard, je me suis demandé quels conseils je donnerais à quelqu’un qui souhaiterait faire le grand saut. La liste qui suit est donc la somme des conseils qui ont marché pour moi et des choses que j’aurais aimées savoir avant de partir!

1) Se mettre de l’argent de côté avant de se lancer
Quand je me suis lancé à mon compte, j’avais l’équivalent d’une année de salaire en banque. Et une chance! J’ai probablement fait toutes les erreurs classiques du débutant entrepreneur (et toute personne normale en fera autant si elle se lance sans avoir lu cet article haha!).

Cette idée était venue d’un entrepreneur de longue date qui disait avoir fait ça avant de quitter son emploi. Il disait que ce coussin de sécurité lui permettait de dire non à des clients/contrats qui ne le servait pas et à ne pas avoir l’air désespéré et devoir forcer des ventes parce qu’il fallait qu’il paie son loyer à la fin du mois. Il avait plus que raison. C’est le plus grand conseil que je donnerais à toute personne qui veut passer du 9 à 5 au mode travailleur autonome. C’est tout un changement de mentalité que de passer d’une paie aux 2 semaines à « un chèque quand le contrat est terminé » ou « quelque temps après que la vente soit faite ».

2) Créer un momentum avant de faire le saut
À moins d’avoir la situation financière d’un riche prince d’Arabie-Saoudite, je ne conseillerais à personne de faire le saut sans avoir au préalable testé le marché et obtenu quelques succès – c’est-à-dire des contrats et clients.

En même temps, c’est un bon test. Si combiner travail 9 à 5 et « business on the side » vous semble être trop de travail, c’est un signe d’avertissement. Soit vous ne faites pas un travail qui vous passionne, soit le mode travailleur autonome n’est pas la meilleure option pour le style de vie que vous recherchez.

3) Minimiser les risques et non prendre des risques
Contrairement à la croyance populaire, les meilleurs entrepreneurs que j’aie pu étudier sont des « minimisateurs » de risque, et non des fous qui se lancent tête première. Voici un article qui résume très bien cette réalité. On peut y lire notamment:

« Entrepreneurs are frequently stereotyped as crazy risk takers who won’t think twice about jumping off professional cliffs. The reality is actually the extreme opposite. […]  In a less than stable climate, even the most successful entrepreneurs will spend significant time scared out of their minds. But there’s a difference between jumping in and jumping in blind. Entrepreneurs don’t necessarily enjoy risk.« 

4) « Your network is your net worth » – bâtissez votre réseau, tout le temps.
Que vous travailliez à votre compte ou que vous soyez employé, votre réseau personnel est le plus grand atout que vous pouvez posséder. Malheureusement, on s’en rend compte trop souvent quand on en a besoin — quand on est à la recherche d’un emploi ou de clients! 

Développer son réseau est le travail d’une vie. Deux livres m’ont grandement aidé à développer mon réseau: « Never Eat Alone » de Keith Ferrazzi et « Your Network Is Your Net Worth » de Porter Gale. J’aurais vraiment aimé que quelqu’un me dise de lire ces livres lorsque j’avais 16 ans! 😉 

Au départ, bâtir son réseau était synonyme pour moi de parcourir tous les 5 à 7 et devenir une machine distributrice de cartes d’affaires. Turn off total! Avec le temps, j’ai appris qu’il s’agit plutôt de créer des liens forts avec de nouvelles personnes, c’est-à-dire, se faire de nouveaux amis. Pas nécessaire de devenir BFF (best friend forever), mais simplement de connecter à un point où on est à même de connaître les rêves et ambitions de la personne afin de savoir comment on pourrait l’aider à les atteindre. Dans une soirée typique de réseautage, je peux parler à une dizaine de personnes, mais connecter plus en profondeur avec une ou deux personne.

5) Malgré mon enthousiasme fou, être à son compte n’est pas pour tout le monde.  
À mes débuts, je voulais convertir tout le monde que je croisais en entrepreneur – TOUT LE MONDE!!! 

J’ai découvert, avec le temps, qu’il y a une tonne de raisons pourquoi une personne ne voudrait pas être à son compte: personnalité, intérêts, priorités, etc. J’en ai aussi vu plusieurs, qui on fait le saut et qui sont revenus salariés pour pleins de raisons: quantité de temps requise vs équilibre travail-famille, manque d’expérience en affaires, obligation financière (parce que oui ça peut prendre du temps avant de générer un revenu stable!).

Par contre, rien n’empêche à ces gens de se reprendre une deuxième fois pour mieux se relancer. Ou faire une croix là-dessus et privilégier d’autres moyens comme la bourse ou l’immobilier pour se bâtir une liberté financière.

En fait, ça prend vraiment un brin de folie et certainement un manque de savoir dans quoi tu t’embarques pour partir à son compte – et j’en suis le premier coupable haha! 

6) L’entrepreneuriat comme source ultime d’amélioration personnelle infinie
À l’inverse, l’entrepreneuriat est la chose qui fait ressortir le plus rapidement, drastiquement, et « dans ta face » toutes peurs, craintes, défauts et failles de ta personne. 

Quand t’es à ton compte, tu es un one-man-or-women-band.

Ça, ça veut dire qu’il faut beaucoup d’introspection pour identifier nos failles. On dit que les meilleurs entrepreneurs sont ceux qui savent répondre avec humilité à la question « Dans quoi es-tu le plus pourri? ». Au lieu de répondre « rien », ils connaissent leurs forces et faiblesses et n’hésitent pas lister leurs faiblesses et à aller chercher de l’aide pour bâtir une équipe qui les complémente.

Dans mon cas, j’étais excellent techniquement et avec le day-to-day pour le suivi de projets clients, mais au niveau ventes et marketing – ce qui est l’oxygène d’une compagnie: pas d’argent, pas de compagnie – j’avais d’énormes lacunes. Encore aujourd’hui, il y a une tonne de choses sur lesquelles je travaille question d’atteindre le prochain niveau et briser des barrières mentales qui m’empêchent d’avancer au rythme que je souhaiterais. Être à son compte est un apprentissage éternel – et ça m’allume au plus haut point.

7) Votre Facebook: un outil marketing de premier rang
Il y a quelques années, j’avais choisi de fermer mon compte FB. Environ 1 an plus tard, j’ai décidé de le rouvrir. Ça avait concordé avec la fin de mon emploi et le début de mon aventure en tant que travailleur autonome. J’ai expliqué mes raisons sur mon blogue. Une des raisons de rouvrir mon compte est d’utiliser FB comme un outil marketing.

En affaires, il est important de rester « Top-of-mind« . Quand votre entourage se demande « est-ce que je connais quelqu’un qui [insérer votre produit/service ici]? », vous voulez qu’il se souvienne de vous. Ça ne se fait pas du jour au lendemain, mais si votre entourage voit passer quelques statuts qui démontrent votre compétence, votre passion et vos résultats, vous augmentez vos chances d’obtenir des clients et références à même votre base d’amis Facebook.

8) Leçon de ventes 101: La prospection
Voici un principe que j’ai appris du « Wolf of Wall Street », Jordan Belfort. 

Sur 100 personnes (ou amis FB!)

  • 10 personnes se foutent complètement de votre produit / service / ne croient pas en vous et votre compagnie. Il s’agit des mêmes qui se présentent à vos présentations de vente pour vos sandwiches gratuits.
  • 40 personnes « are kicking tires » et sont là juste pour regarder, et vont « penser à ça ».
  • 40 personnes considèrent sérieusement ce que vous avez à leur offrir, car ils en ont besoin ou trouvent juste que ça vraiment du sens pour eux
  • 10 personnes sont PRÊTES à acheter MAINTENANT!

Le travail d’un vendeur est d’identifier et se concentrer sur les gens du groupe 3 et 4. La pire erreur au monde est d’essayer de convertir les groupes 1 et 2 à votre cause. Il faut absolument éviter de dépenser toute énergie à essayer de transformer une roche en pépite d’or. Vous êtes plutôt à la recherche des pépites d’or dans le fond de la rivière. 

9) Leçon de ventes 101: Pour qu’une vente se produise
Voici un autre principe appris du « Wolf of Wall Street », Jordan Belfort. 

Pour qu’une vente se produise, 3 choses doivent absolument arriver au même moment:

  1. le client doit être convaincu que ce que vous offrez est la meilleure chose au monde pour lui
  2. le client doit avoir pleinement confiance en vous, le vendeur
  3. le client doit avoir pleinement confiance en votre compagnie.

Avec ça en tête, je me suis amusé à analyser des ventes échouées. À chaque fois, il me manquait l’une des trois composantes. Une fois conscient du problème, il est beaucoup plus facile de l’adresser pour la prochaine vente!

10) Votre santé avant tout: vous êtes la personne la plus importante pour vous-même
Sans la santé y’a pas grand-chose à faire. En avion, avant le décollage, ils disent toujours: « En cas d’urgence, mettez d’abord VOTRE masque avant d’aider toute autre personne à bord!« . C’est une chose que j’ai tendance à oublier à l’occasion! On travaille, travaille, travaille et on oublie de bien manger (ou manger tout court dans mon cas!!), de faire de l’exercice, etc. Selon moi, faut se voir soi-même comme la personne la plus importante. Comme ça, ça nous permet d’être top shape et d’aider encore plus de personnes par la suite!

Sur ce, je vous souhaite tout le meilleur dans vos projets d’entreprise! 

PS: Je suis toujours partant pour parler entrepreneuriat autour d’un café (virtuel ou non)! N’hésitez pas à me contacter ou à amorcer la discussion ci-dessous 🙂

  • Bonjour Tommy!
    J’aime beaucoup tes conseils! Particulièrement celui sur Facebook. J’ai justement beaucoup éliminé d’amis dans les 2 dernières années et je me demande ces jours-ci si je devrais reprendre une vie sociale plus active (en ligne et en personne). J’organise une conférence de développement personnel et je réalise la déficience de mon réseau. J’ai réduit mon réseau pour augmenter la qualité de mes relations, mais je crois qu’il doit y avoir un équilibre entre les deux.
    Je poursuis mes réflexions!
    Martin

    • Tommy Lebel

      Bonjour Martin,

      J’ai effectivement passé par des réflexions très similaires! Vraiment, le livre « Never Eat Alone » a été un des éléments déclencheurs qui a grandement alimenté mes réflexions. Je te le recommande si tu n’as pas déjà lu.

      Pour ce qui est de la qualité des relations, je ne pense pas que la qualité est augmentée en diminuant (ou diminuée en augmentant ) notre présence sur le médias sociaux. Selon moi, la qualité des relations est le produit du temps passé à communiquer et l’attention accordée aux personnes avec lesquelles ont souhaite entretenir un lien fort.

      Évidemment, notre temps étant limité, on ne pourra jamais avoir un lien fort avec tout le monde mais il est possible de faire une différence (grande ou petite) dans la vie d’une tonne de gens. Cette idée m’est venue via Gary Vaynerchuk:
      « Farm. Don’t hunt. […] – My biggest objective is to have the most people show up to my funeral as possible. »
      ref.: http://www.entrepreneur.com/article/232600

      Bonnes réflexions 😉
      Tommy